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Le choix du matériel pour un système téléphonique

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Lorsqu’on planifie déployer Asterisk, on se doit de bien sélectionner le matériel dont on aura besoin. Le matériel en soit est diverse en ce sens qu’il inclut le serveur qui fera office de PBX [1], les postes téléphoniques, les passerelles téléphoniques qui font interface au Réseau Téléphonique Commuté ainsi que les diverses interconnexions entre ces derniers composants. Il n’y a pas proprement dit de standard quant aux caractéristiques que l’on pourrait utiliser pour la sélection du matériel.  Il faudra donc regarder quelques aspects techniques tels que la cadence du processeur, la capacité mémoire, etc., et prendre le temps nécessaire afin de faire une sélection appropriée aux types de déploiement que vous envisagez faire. Si vous ne désirez pas effectuer de recherche personnelle à cet effet, poursuivez la lecture de cet article afin de vous aider dans vos choix.

La décision clé lorsqu’on décide d’aller de l’avant avec Asterisk est la sélection de la quincaillerie du serveur. En fait, la première nouvelle qu’on ne voudrait  entendre est que la ligne téléphonique est morte ou que le système est en panne. Même si on peut faire fonctionner Asterisk avec du matériel obsolète, il n’en reste que les fondements de tout système robuste et capable de jouer le rôle d’un PBX [1] est un équipement fiable sur lequel on peut compter. Fiez vous sur mon expérience personnelle, rien de mieux que de satisfaire sa clientèle principale, dans mon cas, mon épouse, qui fait aussi office de ministre de l’opposition lorsque les niveaux de services ne sont pas respectés.

La cadence du processeur est sûrement la caractéristique la plus importante puisque l’on peut en voir l’effet lorsque le système est placé sous des charges accrues d’appels. Ainsi, Asterisk sera plus réactif aux charges s’il possède une puissance de traitement plus grande. On peut affirmer qu’avec les processeurs modernes, le traitement de charges d’appel modéré s’effectue sans problème. Il ne faut pas oublier que la capacité de traitement est principalement utilisée pour la manipulation d’une conversation téléphonique qui arrive avec un encodage vocale « CODEC [2] » devant être converti en temps réel vers un autre format. La conversion peut aussi s’effectuer au niveau des protocoles de signalisation tels que SIP/H.323/MGCP/RTC qui font partie des standards de Voix sur IP. Disons que pour un système résidentiel, un processeur de type Pentium 4 peut amplement suffire à la tâche.

De manière générale, Asterisk fait une utilisation assez faible de la mémoire dynamique. Même si vous déployez une installation d’envergure, le système peut facilement s’exécuter dans une plage de 64 mégaoctets. L’architecture modulaire d’Asterisk permet de contrôler la consommation de mémoire vive simplement en supprimant le chargement de modules au démarrage du système.

L’espace de stockage est probablement l’un des choix les moins importants lors de la sélection du matériel. Le prix des disques rigides décroît à mesure que leurs capacités augmentent. L’installation des composantes exécutable d’Asterisk n’occupe presque pas d’espace disque, ce sont plutôt les messages vocaux ainsi que les enregistrements vocaux utilisés par le module de réponse vocale interactive qui sont les plus gourmandes. Une bonne règle du pouce est de définir la taille du disque rigide selon le nombre d’utilisateurs, ce qui influencera le nombre de messages vocaux à prévoir en terme de stockage.

À titre d’exemple, l’encodage d’un fichier audio en format G711μ-Law [3] occupe environ un mégaoctet d’espace disque pour une minute d’enregistrement vocale. En mettant comme hypothèse que dans un environnement à haute fréquence d’appels, une personne se fait laisser en moyenne cinq messages vocaux d’une minute durant une journée de travail, le déploiement d’un système téléphonique de cent utilisateurs exigera une capacité de stockage de seulement cinq cents mégaoctets pour une période d’une journée. Faites un petit calcul rapide et vous aurez besoin de plus ou moins treize gigaoctets d’espace disque sur une période d’une année.

Si vous avez un investissement à effectuer, faites-le plutôt sur la robustesse et la redondance de disque grâce au composant RAID [4] « Redondante Arrays of Independent Disks ». Cet investissement vous permettra de continuer à desservir les utilisateurs lors de la défaillance d’un disque rigide.

Les postes téléphoniques sont sans doute un facteur important du déploiement puisque ces derniers feront office d’interface aux utilisateurs du système téléphonique. Deux choix nous sont offerts, soit le téléphone sous forme de logiciel « softphone » et celui sous forme physique.

XtenLe premier est un logiciel qui émule les fonctions d’un poste téléphonique. Une des caractéristiques est qu’il est facile à déployer et de plus, il est avantageux lorsqu’il est utilisé sur un ordinateur portable. Le logiciel utilise les ressources de l’ordinateur tel que la carte son pour l’émission et de réception audio. Très peu coûteux, on en trouve même des versions qui sont offertes gratuitement.

Utilisé depuis plus de 130 ans, le téléphone physique est l’autre option. Cependant, il est plus coûteux et souvent plus difficile à déployer que la version logicielle.

La plupart des utilisateurs préfèrent un appareil physique puisqu’ils y sont habitués et qu’il est simple d’utilisation. Deux types de postes physiques existent soit, le poste IP et le poste analogique. Malheureusement, le poste numérique n’est pas supporté par Asterisk puisque les cartes d’interface numérique ne sont pas prises en charge. Le poste IP est couramment utilisé pour la transmission de la voix dans les environnements IP. Le poste analogique lui s’interface au réseau IP via un adaptateur de terminal analogique « ATA [5] ».

spa3000Cet adaptateur fait le pont entre le monde de la téléphonie analogique et le monde de la téléphonie IP.  Physiquement, un ATA est une petite boîte munie d’une ou de plusieurs prises téléphoniques et d’un port Ethernet. Certains modèles sur le marché ont un ou deux ports pour accommoder un poste téléphonique ainsi qu’un port pour une ligne téléphonique externe s’interfaçant au réseau téléphonique public commuté. Cependant, les téléphones analogiques n’ont pas toujours besoin d’un ATA pour s’interfacer.

Asterisk supporte plusieurs types de cartes d’interface analogiques qui permettent de se connecter directement à un port interne sur le serveur. De nombreuses cartes vendues par Digium [6] qui est l’entreprise derrière Asterisk. D’autres fournisseurs tels que ATCOM [7] et OpenVOX [8] offrent des cartes d’interfaces compatibles à celles de Digium [6] qui utilisent les pilotes Zaptel [9].  Certains modèles peuvent prendre en charge jusqu’à 96 postes téléphoniques. Il y a également d’autres types de cartes pouvant interfacer à un PRI [10] qui est attaché à un dispositif appelé « Channel Bank », qui divise ses 24 canaux en 24 interfaces distinctes permettant à une carte d’interface unique de soutenir jusqu’à 24 postes téléphoniques.

Ma configuration

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La configuration matérielle que j’utilise est la suivante :

Références :

Matériel voip-info [12]

Autocommutateur téléphonique privé [1]

Commutateur téléphonique [13]

Réseau téléphonique commuté [14]

Étape suivante :

Le choix d’une distribution pour un système téléphonique [15] pixelstats trackingpixel
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#1 Comment By AMINA PIERRE SYLVAIN On 1 octobre 2011 @ 5 h 42 min

Bonjour Sylvain,
je réexplique ùon problème. nous avons une ligne RTC avec un numéro RTC, j’ai une incompréhension pour les appels RTC entrants. j’aimerai savoir, lorqu’un RTC appel de l’extérieur quel est l’équipement qui recoit l’appel et comment il est rédirigé vers un SIP?.si c’est un IVR, est ce que l’appelant va vraiment attendre que le serveur lui liste tous les numeros SIP afin de trouver celui qu’il veut joindre?. la necessité d’un poste téléphonique IP standard n’est elle pas envisageable? si oui comment intercalé un téléphone IP standard entre le SIP et le RTC? merci Sylvain de me répondre

#2 Comment By Sylvain Thérien On 4 octobre 2011 @ 7 h 29 min

Avant de débuter, voici quelques notions de base. Pour une meilleure compréhension des concepts liés à la voix, consulte la section « [16] » dans la page documentation de mon site, où tu trouveras les éléments suivants :

[17]
[18]
[19]
[20]

Ces éléments t’aideront à mieux cerner les concepts de la téléphonie et répondrons à tes nombreuses interrogations. De plus, tu peux aussi consulter les différentes versions des livres en ligne dont j’ai aussi mis les références dans la section [16] de mon site.

Ceci étant dit, afin de raccorder le réseau RTC (analogue) à ton système téléphonique (IP), tu as besoin d’un ATA ou encore d’une interface FXO sur un commutateur. En gros, tu dois prendre le signal analogique provenant de ta ligne téléphonique et le convertir en signal numérique IP qui sera acheminé vers ton serveur Asterisk. Si tu jettes un coup d’oeil dans la section documentation de mon site, tu trouveras un module décrivant en détail les [21].

Une fois le réseau RTC interfacé à ton réseau IP, la réception des appels externes du réseau RTC sont acheminés vers ton serveur Asterisk via le protocole SIP. En fait, c’est comme si tu remplaçais un téléphone analogique raccordé au réseau RTC par un ATA et un serveur Asterisk, dont ce dernier fait office de téléphone. Si quelqu’un t’appelait, normalement le téléphone analogique sonnerait et tu répondrais. Dans le cas présent, l’ATA fera interface et acheminera l’appel vers ton serveur Asterisk. Ce dernier ne pouvant sonner, puisque ce n’est pas un téléphone, passera plutôt, selon la [22], l’appel à la [23], qui acheminera l’appel soit vers un poste en particulier (IP ou analogique) ou encore offrira le choix à l’appelant de choisir via un menu vocal, le poste de destination.

En espérant que les choses soient un peu plus clair, et … bonne lecture !